Tempêtes hivernales : une dizaine de macareux moines soignés reprennent enfin leur envol au Pays basque

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Imaginez une plage d’hiver, le vent qui pique un peu le visage, les vagues qui roulent fort, et soudain… de petits oiseaux au bec coloré qui filent vers l’océan. Après des semaines de tempêtes et de tristesse, au Pays basque, des macareux moines ont enfin repris leur envol. Et derrière cette belle image, il y a une histoire de sauvetage, de fatigue, mais aussi d’espoir.

Des tempêtes dévastatrices pour les oiseaux marins

Cet hiver, les tempêtes se sont enchaînées sur le littoral basque. Jolis à regarder depuis la fenêtre, mais terribles pour les oiseaux. Le vent, le froid, les courants très forts. Beaucoup de macareux moines ont été poussés vers la côte, épuisés, trempés, en hypothermie.

L’association Hegalaldia, un centre de soins pour animaux sauvages basé à Ustaritz, a été en première ligne. Plus de 500 oiseaux échoués ont été recueillis sur les plages du Pays basque. Parmi eux, des macareux, mais aussi d’autres espèces marines. Les bénévoles racontent des scènes difficiles. Des plages couvertes de petits corps, beaucoup déjà morts, et quelques survivants à sauver coûte que coûte.

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À l’abri au centre Hegalaldia : une course contre la montre

Quand un macareux arrive au centre, chaque minute compte. Il est souvent glacé, amaigri, parfois blessé. Le premier geste, c’est le réchauffer. Comme on le ferait avec un humain en détresse. Couvertures, lampes chauffantes, boîtes de transport transformées en petites chambres de soins.

Les équipes vérifient tout. Poids, température, état du plumage, blessures. Un macareux en forme doit peser au moins 350 grammes. En dessous, il est trop faible pour voler et affronter l’océan. Certains oiseaux arrivent à moins de 300 grammes. Il faut alors plusieurs jours, parfois plusieurs semaines, pour les remettre sur pattes.

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Comment soigne-t-on un macareux moine ?

Derrière chaque oiseau relâché, il y a une vraie “ordonnance” de soins. Ce n’est pas juste un peu de nourriture et d’eau. C’est un protocole complet.

Les soins essentiels

  • Réchauffement immédiat pour lutter contre l’hypothermie.
  • Réhydratation avec des solutions adaptées, souvent par petite sonde ou seringue.
  • Alimentation forcée au début, lorsque l’oiseau est trop faible pour manger seul.
  • Surveillance vétérinaire pour détecter infections, fractures ou problèmes internes.

Progressivement, quand l’oiseau reprend de la force, il commence à manger seul. Poissons coupés en petits morceaux, parfois des petites proies adaptées. Chaque gramme gagné est une victoire. Les soignants notent tout, jour après jour.

Retrouver un plumage étanche

Un macareux ne peut pas retourner en mer si son plumage n’est pas étanche. C’est sa barrière contre le froid. Après les tempêtes, beaucoup arrivent avec les plumes abîmées, collées, gorgées d’eau. Ils restent alors en “piscine” au centre.

  • Bassins d’eau propre, changée très souvent.
  • Temps de baignade surveillé, puis phase de séchage au calme.
  • Observation de la façon dont l’oiseau nage, plonge et se toilette.

Quand un macareux nage bien, plonge pour attraper sa nourriture et sort de l’eau sans être trempé jusqu’à la peau, c’est un bon signe. Il est presque prêt pour le grand départ.

Un moment très attendu : le relâcher sur la plage de Socoa

Vendredi 27 février, après des semaines de mauvais temps, une éclaircie. Le soleil revient enfin sur le Pays basque. Et avec lui, une bonne nouvelle : quatorze macareux moines sont jugés assez forts pour retrouver la mer. Direction la plage de Socoa.

L’information a circulé sur les réseaux sociaux. Résultat, une centaine de personnes se déplacent. Des familles, des curieux, des photographes, des bénévoles. Certains ont participé aux sauvetages, d’autres ont simplement été touchés par les images d’oiseaux échoués.

Rose, une habitante de Biarritz, résume ce que beaucoup ressentent. Au début, elle est venue avec ses cartons, ses serviettes, des dons, pour aider à récupérer les oiseaux sur les plages. Aujourd’hui, elle regarde les macareux partir. Elle parle d’une “journée pleine de symboliques”. On comprend facilement pourquoi.

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Une scène émouvante, comme un tapis rouge pour oiseaux

Avant d’ouvrir les caisses, les membres de Hegalaldia rappellent quelques consignes. Rester à distance, ne pas faire de bruit inutile, ne pas essayer de toucher les oiseaux. Puis, les caméras et téléphones se pointent vers les caisses. On dirait un vrai “Red Carpet” pour ces petits rescapés.

La directrice du centre, Céline Maury, a les larmes aux yeux. Elle les a vus arriver épuisés. Elle les a vus reprendre du poids, manger seuls, nager sans peur. Elle les voit maintenant se diriger vers les vagues, sans hésitation. Elle se permet même une pointe d’humour. Elle surveille un goéland dans le ciel, de peur qu’il ne vienne embêter les macareux.

Les oiseaux s’élancent vers l’eau, presque comme s’ils savaient très bien où aller. Quelques applaudissements éclatent. Beaucoup de regards brillent. Il y a de la joie, mais aussi un peu d’angoisse. Après tout, l’océan reste rude. Pourtant, les voir partir, c’est accepter de leur rendre leur liberté.

Pourquoi cette histoire devrait vraiment vous concerner

On pourrait se dire : “Ce ne sont que quelques oiseaux parmi des milliers.” Mais ce serait passer à côté de l’essentiel. Ces macareux moines sont aussi des indicateurs de l’état de nos océans. Quand ils souffrent, c’est souvent que la mer va mal. Tempêtes plus fréquentes, réchauffement, pollution, raréfaction des poissons.

Sauver quatorze oiseaux, ce n’est pas sauver la planète. Mais c’est un geste très concret, très humain. C’est refuser la fatalité. C’est aussi rappeler que chacun peut jouer un petit rôle, à son niveau. En alertant, en appelant une association quand on trouve un animal blessé. En soutenant des centres comme Hegalaldia par un don, un partage sur les réseaux, une journée de bénévolat.

Que faire si vous trouvez un oiseau échoué sur la plage ?

Les tempêtes vont revenir. D’autres échouages auront lieu. Savoir quoi faire peut vraiment changer le destin d’un oiseau.

  • Ne pas le remettre à l’eau de force. S’il est sur la plage, c’est qu’il est en difficulté.
  • Limiter le stress : ne pas crier, ne pas le manipuler inutilement.
  • Le protéger du froid en attendant les secours, dans un carton percé, avec une serviette sèche.
  • Contacter un centre de soins pour faune sauvage ou la mairie, qui pourra orienter.

Un simple appel peut faire la différence entre la vie et la mort pour un oiseau exténué.

Des relâchers à venir et une vigilance à garder

La belle nouvelle, c’est que d’autres macareux moines seront encore relâchés dans les jours ou semaines à venir. Tous ceux qui auront atteint le poids, l’autonomie et une bonne étanchéité pourront retrouver la mer. Chaque départ est une petite victoire pour les équipes et pour la biodiversité.

Mais cette histoire rappelle aussi une vérité moins agréable. Les tempêtes se multiplient. Les épisodes extrêmes deviennent plus fréquents. Les oiseaux marins sont en première ligne. Derrière les images attendrissantes des macareux, il y a donc un message sérieux. Nous devons rester attentifs à nos côtes, à nos océans, à ces espèces qui dépendent de nous plus qu’on ne le croit.

En quittant la plage de Socoa, ce jour-là, beaucoup de spectateurs sont repartis avec la même impression. La sensation d’avoir assisté à quelque chose de simple, mais précieux. Quatorze petits oiseaux. Et, quelque part, un peu d’espoir rendu au large.

Caroline Valette
Caroline Valette

Je suis veterinaire comportementaliste specialisee dans les relations humains-animaux de compagnie depuis plus de 15 ans. Diplomee de l’ENVA (Ecole nationale veterinaire d’Alfort), j’ai exerce en clinique canine et feline avant de me consacrer au conseil aux proprietaires et refuges. J’interviens regulierement en associations de protection animale et en refuges SPA pour la prise en charge des chiens anxieux et des chats craintifs. Ma specialite editoriale porte sur le bien-etre global des chiens, chats et oiseaux domestiques ainsi que sur le decryptage des actualites qui impactent leur sante et leurs droits. J’ecris pour aider chacun a mieux comprendre son animal au quotidien.

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