Et si, au lieu de finir à l’abattoir, une poule venait gratter tranquillement dans votre jardin pendant encore trois ou quatre ans ? C’est exactement ce qui est en train de se jouer dans les Deux-Sèvres, où 700 poules pondeuses cherchent une nouvelle maison. Derrière les chiffres, il y a surtout une belle histoire de sauvetage… et peut-être votre future petite colocataire à plumes.
700 poules à sauver dans les Deux-Sèvres : de quoi parle-t-on exactement ?
Ces 700 poules ne sont pas “finies”, loin de là. Elles ont 18 mois. Dans les élevages, c’est l’âge où leur carrière de pondeuse industrielle est jugée moins rentable. Alors que, chez vous, elles peuvent encore pondre jusqu’à 1.000 œufs chacune sur trois à quatre ans.
Sans cette opération, leur destin est simple et brutal : abattoir. Chaque année, près de 45 millions de poules pondeuses sont abattues en France. L’initiative de Poule pour tous change complètement la donne. Elle donne à ces animaux une seconde vie, plus douce, plus lente, plus respectueuse.
Qui organise ce sauvetage de poules ?
Derrière cette opération, il y a Thomas Dano, fondateur de Poule pour tous. Créée en 2017 en Loire-Atlantique, l’initiative était au départ une association, aujourd’hui devenue entreprise, mais avec le même objectif : sauver un maximum de poules de l’abattoir.
En 2024, l’équipe a déjà permis de replacer 105.000 poules, puis 110.000 en 2025. Toutes viennent d’élevages bio et plein air. Ce ne sont pas des oiseaux fragiles de batterie. Elles connaissent déjà l’extérieur, le soleil, l’herbe sous les pattes.
Où et quand récupérer une poule dans les Deux-Sèvres ?
L’opération se déroule sur deux jours, dans deux villes différentes, pour toucher un maximum de personnes.
- Vendredi 20 mars 2026 – Niort
Sur le parking de Terranimo, 17 rue Robert-Turgot, zone commerciale Mendès-France, de 14 h à 15 h 30. - Samedi 21 mars 2026 – Bressuire
Sur le parking de Bricorama, 74 avenue de Poitiers, de 14 h à 15 h 30.
Le principe est simple : vous réservez, vous payez, puis vous venez récupérer votre ou vos poules sur place, à l’heure indiquée. Pas de file interminable, pas de stress. Tout est organisé à l’avance.
Comment réserver votre poule (avant qu’il ne soit trop tard) ?
Il y a une règle importante : les réservations sont obligatoires. Vous ne pouvez pas juste passer “au cas où”. Pour que la logistique soit fluide et que chaque poule ait une famille, les inscriptions sont clôturées 48 heures avant chaque date.
Pour réserver, deux options :
- Vous allez sur le site : poulepourtous.com/poules
- Vous téléphonez pour des renseignements : 02.49.62.20.50
Le prix est de 7 € par poule. Un petit montant, mais avec un gros impact pour elle et pour vous. N’hésitez pas à réserver plusieurs poules. Elles sont grégaires, elles aiment vivre à plusieurs.
Pourquoi adopter une poule de réforme plutôt qu’une jeune en animalerie ?
Vous hésitez peut-être. 18 mois, cela vous semble “vieux” pour une poule ? En réalité, pas du tout. Thomas Dano le rappelle : elles peuvent encore pondre jusqu’à 1.000 œufs en trois à quatre ans. C’est énorme pour une poule qui était condamnée.
En plus, vous gagnez sur plusieurs plans :
- Vous sauvez une vie qui aurait fini en viande de bas de gamme.
- Vous réduisez vos déchets, car une poule adore les épluchures, le pain sec, certains restes de table.
- Vous avez des œufs frais, issus de poules bio et plein air, dont vous connaissez l’histoire.
- Vous offrez une belle retraite à un animal qui a déjà beaucoup donné.
Et puis, il y a tout le reste. Le petit bruit doux quand elles caquettent, le plaisir de les voir courir vers vous quand vous arrivez avec un bol de restes, leur manière de retourner la terre et de chasser les insectes. Une poule, ce n’est pas juste un œuf sur la table. C’est aussi une présence au jardin.
Combien de poules prévoir et de quel espace ont-elles besoin ?
Pour commencer, l’idéal est d’avoir au moins deux poules. Elles se rassurent entre elles et s’ennuient moins. Trois ou quatre, si vous avez l’espace, c’est parfait pour une famille qui veut des œufs réguliers sans se retrouver débordée.
Côté espace, prévoyez :
- Un poulailler fermé pour la nuit, bien sec, aéré, à l’abri du vent.
- Un espace extérieur d’au moins 10 m² par poule si possible. Plus il y a d’herbe, mieux c’est.
- Une clôture sécurisée pour éviter les fugues et les prédateurs (chiens errants, renards, fouines).
Si votre jardin est petit, ce n’est pas forcément un problème. Vous pouvez les laisser sortir un peu chaque jour sous surveillance. L’essentiel est qu’elles puissent gratter, se rouler dans la poussière, chercher des insectes. C’est leur vie.
Que mangent ces poules et comment bien s’en occuper ?
La bonne nouvelle, c’est qu’une poule est plutôt simple à vivre. Elle n’a pas besoin de gadgets, mais de base solide et régulière.
- Une alimentation complète : un mélange spécial poule pondeuse (environ 120 g par jour et par poule).
- Des restes de cuisine : épluchures de légumes, riz, pâtes, pain sec en petite quantité.
- De l’eau fraîche : à volonté, changée tous les jours.
- Un peu de verdure : herbes, salades, mauvaises herbes du jardin.
Ajoutez aussi :
- De la paille ou des copeaux propres dans le pondoir.
- Un nettoyage régulier du poulailler pour éviter odeurs et maladies.
- Une surveillance rapide de leur état : plumage, appétit, comportement.
Au bout de quelques jours, vous verrez qu’une routine s’installe. Elles savent rentrer seules au poulailler à la tombée de la nuit. Il suffit alors de fermer la porte. Un geste tout simple, mais qui les protège.
À quoi ressemble une journée avec des poules au jardin ?
Imaginez. Le matin, vous ouvrez le poulailler, les poules sortent en courant, ailes à moitié ouvertes. Elles se mettent à gratter, à fouiller, à se parler entre elles. Vous déposez un peu de grain, quelques épluchures. Elles accourent, un peu comme un petit chien, mais avec des plumes.
Dans la journée, elles vous suivent parfois quand vous jardinez. Elles nettoient les allées, chassent les limaces, fouillent les tas de feuilles. Le soir, vous soulevez le pondoir et vous découvrez un, deux, trois œufs encore tièdes. Ce geste-là, on ne s’en lasse pas.
Une petite action pour vous, un énorme changement pour elles
Adopter une poule de réforme, ce n’est pas seulement une bonne affaire pour avoir des œufs. C’est un choix de consommation responsable, une manière très concrète de s’opposer au gaspillage du vivant. Au lieu d’être abattues à 18 mois, ces poules continuent de vivre paisiblement, sous vos yeux.
Si vous avez un jardin, un peu de temps et l’envie de faire une vraie différence, cette opération dans les Deux-Sèvres est une occasion idéale. 700 poules attendent une seconde chance. Peut-être que l’une d’elles portera bientôt votre nom.
Pour participer, il suffit de réserver sur poulepourtous.com/poules ou d’appeler le 02.49.62.20.50. Une simple décision aujourd’hui, et dans quelques jours, vous entendrez peut-être le doux caquètement d’une poule sauvée dans votre jardin.










